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L’ÎLE AUX PARFUMS docteur Henry Aureche 1926

a » Mais cette odeur spéciale à
la Corse provient surtout de sa flore particulièrement abondante et variée. Toutes les plantes à parfum s’y sont données  rendez-vous, et comme toutes fleurissent à la belle saison, la gamme des odeurs est d’une variété étonnante. Ce sont d’abord les fleurs de la région maritime qui poussent tout le long des falaises, vivant de peu dans le creux d’un rocher, où s’épanouissant dans les sables du littoral, tels que les cinéraires maritimes, la minette dorée des plages, les grappes blanches des alyssum, les hautes inflorescences roses des statices, les disques mauves et rouges des nombreuses ficoîdées et les capitules jaunes des diotis candides. Toutes ces fleurs à l’odeur âcre mêlent leurs parfums à celui plus suave ou plus pénétrant des innombrables plantes ou arbustes des coteaux et de la montagne corses. Ceux-ci sont recouverts en grande partie par tous les représentants de la famille des cistinées, c’est le ciste, macchia en corse, qui a donné sont nom au maquis. Il y règne en maître incontesté avec toutes ses variétés, cistes blancs, aux délicates fleurs m r et cistes de Montpellier aux multiples fleurettes. Elles sont parfois en si grand nombre que la montagne en paraît toute blanche. Leur odeur est légère mais le grand nombre supplée à la finesse des parfums. Viennent ensuite presque toutes les labiées à l’odeur suave, thym, romarin, lavande des Stoechades, bugle musqué, sauge, origan et germandrée. Une mention toute spéciale doit être réservée à la germandrée de mer (tencrium marum) dont les multiples fleurettes roses, exhalent dans les chaudes journées de juillet un parfum grisant, et d’une grande force de pénétration. Une poignée froissée dans la main ne peut se respirer qu’une seule fois, tant son odeur est violente. Viennent ensuite quelques composées dont l’arôme bien spécial vient s’unir à celui des autres fleurs, les phagnalons saxatile et sordidum, les multiples fleurs jaunes à odeur musquée et empyreumatique des inula viscosa, et de l’hélicrysum stoechas. La famille des éracinées est représentée avantageusement en Corse par deux espèces à odeur douce qui viennent apporter leur note en mineur dans le concert des parfums: l’arbousier qui porte à la fois en octobre des bais rouges et jaunes, régal des merles, avec des bouquets de clochettes couleur jaune pâle à l’odeur safranée, et deux variétés de bruyères: érica scoparia et arborea, aux multiples fleurettes roses et blanches. La famille des papilionacées possède en Corse de nombreux représentants à odeur pénétrante: toutes les variétés de genêts : linifolia et condicaris, le trèfle étoilé, les mélilots, la psoralea bituminosa, à odeur de résine, toutes les vicia et les lupins à odeur douce et agréable. Les myrtacées ne sont représentées que par le myrte commun, mais le parfum suave des fleurs de myrte vaut à lui seul le voyage en Corse.
 
Les ravins sont plus particulièrement tapissés par une asparaginée, smilax aspera, dont les multiples grappes blanches exhalent une douce odeur de miel. Les arbres à leur tour, viennent unir leur senteur balsamique et résineuse avec les conifères représentés par le genévrier de Phénicie et l’oxycedrus, les pins d’Alep et maritime, aux odeurs empyreumatiques des térébinthacées représentés par les très nombreux lentisques que renferme l’Ile de Beauté. C’est l’ensemble de ces parfums variés qui constitue l’odeur particulière des maquis de
la Corse. L’arôme délicat et pénétrant de toutes ces fleurs est encore exalté par la nature généreuse d’un sol vierge de toute culture et par les ardeurs d’un soleil éclatant qu’aucun nuage ne vient atténuer.  »
 
Par ailleurs des ouvrages entiers vont être dédiés aux senteurs de l’île:  - I Profumi di l’Isula, vers corses de Carulu GIOVONI,  -
Corsica, the scented isle de Dorothy ARCHER, 
 
 COMMUNICATION FAITE A L’ACCADEMIA CORSACORSE:ILE AU PARFUM Nice le 17 Mars 2005

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